Des Vosges aux Alpes, la montagne au bout du quai
Depuis Bruxelles, la montagne commence toujours par une plaine. Il faut traverser la Wallonie ou la Lorraine, longer des champs qui n’en finissent pas, avant que le relief ne se décide enfin à paraître : une ligne bleue à l’horizon, puis des versants, puis des sapins. En voiture, ce passage est un ruban d’autoroute qu’on cherche à abréger. En train, c’est déjà le voyage.
Cet article rassemble les massifs que l’on peut rejoindre sans voiture au départ de Bruxelles, des Vosges, à moins de cinq heures, jusqu’aux Alpes, que des trains directs et des trains de nuit desservent désormais en hiver. Pour chacun, je donne la porte d’entrée ferroviaire, le dernier tronçon en bus quand il le faut, et les randonnées que j’y ai faites.
Une précision, par honnêteté : pour plusieurs de ces randonnées, dans le Queyras ou dans l’Ubaye, j’étais parti en voiture. Ce guide est aussi celui que j’aurais voulu avoir à l’époque.
En bref : la montagne depuis Bruxelles-Midi
| Massif | Porte d’entrée | Trajet |
|---|---|---|
| Vosges | Colmar, Remiremont, Saint-Dié | 4 h 30 à 5 h jusqu’à Colmar, avec un ou deux changements |
| Jura | Morez, ou La Cure côté suisse | Une journée, par Paris |
| Alpes du Nord | Moûtiers, Aime-La-Plagne, Bourg-Saint-Maurice | Direct en hiver : Eurostar Snow le samedi, train de nuit Travelski le vendredi |
| Alpes du Sud | Montdauphin-Guillestre, Gap | Train de nuit depuis Paris-Austerlitz |
| Alpes suisses | Zurich, puis les lignes de montagne | Train de nuit European Sleeper, sans changement jusqu’en Suisse |
| Tyrol et Salzbourg | Innsbruck, Salzbourg | Une journée, par l’Allemagne |
Informations vérifiées le 22 octobre 2026. Les horaires changent le 14 décembre : vérifiez-les avant de réserver.
Les Vosges, la première montagne
Ce sont les montagnes les plus proches de Bruxelles, et les plus faciles à rejoindre. Un TGV relie directement Bruxelles-Midi à Strasbourg ; de là, un TER rejoint Colmar en une demi-heure. Selon les horaires, il faut compter de quatre heures et demie à cinq heures jusqu’à Colmar, avec un ou deux changements. À partir de juillet 2027, ce TGV doit être prolongé jusqu’à Bâle le week-end.

Côté alsacien, une petite ligne de TER remonte de Colmar vers la vallée de Munster. C’est là, à Wihr-au-Val, que nous avions posé nos sacs pour un week-end de trois jours dans le Haut-Rhin, entre le chemin des trois châteaux d’Eguisheim, les ruelles de Colmar et les caves des vignerons.
Côté lorrain, Gérardmer n’a plus de gare. Les bus Fluo Grand Est y montent depuis les gares voisines : la ligne 912 depuis Remiremont, la 917 depuis Saint-Dié-des-Vosges, la 929 depuis Épinal. La ligne 913, elle, franchit la crête entre Gérardmer et Munster : de quoi traverser le massif d’un versant à l’autre sans jamais toucher un volant. Depuis Gérardmer, j’avais suivi la randonnée des 4 lacs, quinze kilomètres dans la brume, de Lispach à Retournemer.
Le Jura, la montagne douce
Le Jura demande un peu plus de patience. Depuis Bruxelles, il faut rejoindre Paris, traverser la ville jusqu’à la gare de Lyon, puis prendre un TGV vers Dole ou Mouchard. Un TER emprunte ensuite la ligne des Hirondelles, l’une des plus belles de France, jusqu’à Morez, à quelques kilomètres des Rousses. On peut aussi entrer par la Suisse : depuis Nyon, au bord du Léman, un petit train monte en une cinquantaine de minutes jusqu’à La Cure, posée sur la frontière.

C’est dans ce massif que j’ai fait l’une de mes randonnées les plus marquantes : quatre jours en hiver, de refuge non gardé en refuge non gardé, de Foncine-le-Haut jusqu’aux Rousses puis au col de la Faucille, en vue de Genève. Un itinéraire en ligne, qui se prête bien au train : on arrive par un bout, on repart par l’autre.
Les Alpes du Nord, le train des neiges
Pour la Tarentaise, l’hiver est la meilleure saison pour partir en train, car c’est la seule où des liaisons directes existent depuis Bruxelles. L’Eurostar Snow part le samedi, du 19 décembre 2026 au début du mois d’avril 2027. Il dessert Chambéry, Albertville, Moûtiers, Aime-La-Plagne, Landry et Bourg-Saint-Maurice, sans changement.
Ceux qui préfèrent partir le soir ont désormais le Travelski Night Express. Ce train de nuit s’arrête à Anvers et à Bruxelles le vendredi soir, et arrive en Tarentaise le samedi matin. Il circule du 18 décembre 2026 au 27 mars 2027, en couchettes uniquement, avec un prix d’appel annoncé entre 80 et 110 euros l’aller selon les formules. Le transfert vers la station est compris.
Les stations sont pensées pour le ski, mais elles sont aussi des points de départ pour la raquette et la marche hivernale, loin des pistes. Le reste de l’année, il faut repasser par Paris ou Lyon, puis prendre un TER vers la vallée.
Les Alpes du Sud : Queyras et Ubaye
Pour le sud des Alpes, la clé est le train de nuit Paris-Briançon. Il part de la gare d’Austerlitz et dessert Gap, Embrun et Montdauphin-Guillestre avant d’arriver à Briançon au matin. Depuis Bruxelles, il suffit de rejoindre Paris dans l’après-midi. Ce train connaît des interruptions pour travaux, remplacées par des bus : mieux vaut vérifier les dates avant de réserver.

Montdauphin-Guillestre est la porte du Queyras, où j’ai marché cinq jours autour de Saint-Véran. Les villages du massif sont reliés à la gare par des bus et des navettes, dont les horaires sont sur le site de la région, ZOU. C’est aussi de cette gare que partent des navettes vers Fouillouse, point de départ de ma randonnée itinérante de cinq jours dans l’Ubaye. Pour rejoindre Barcelonnette, le cœur de la vallée, un car ZOU part de la gare de Gap deux fois par jour, en un peu plus d’une heure et demie.
Les Alpes suisses, par la nuit
Depuis le 9 septembre 2026, le train de nuit European Sleeper relie Bruxelles à Milan en traversant la Suisse. Il quitte Bruxelles-Midi à 17 h 56 le lundi, le jeudi et le samedi, arrive à Zurich au petit matin, puis franchit le Gothard par la ligne historique avant de descendre vers le Tessin. Les places assises démarrent à 29,99 euros et les couchettes à 49,99 euros. À partir du 14 décembre, le train passera par Anvers, Eindhoven et Aarau.

Depuis Zurich, le réseau suisse fait le reste : les Grisons, l’Oberland bernois et le Valais sont à quelques heures, sur des lignes qui comptent parmi les plus belles d’Europe. J’en parle plus longuement dans mon article sur les vacances en train depuis Bruxelles.
Le Tyrol et Salzbourg
Pour les Alpes autrichiennes, le plus simple est de passer par l’Allemagne : un ICE jusqu’à Cologne ou Francfort, puis un train vers Munich, d’où l’on rejoint Innsbruck ou Salzbourg. Le trajet prend une journée. Le Nightjet Bruxelles-Vienne, qui circule trois fois par semaine, ne dessert pas le Tyrol, mais il permet de rentrer par une autre route.

Salzbourg est une bonne première étape : la ville est posée au pied des montagnes, et je l’avais visitée comme une porte d’entrée vers les Alpes.
📩 Guide gratuit : Voyager sans avion
Vous avez les massifs : voici comment aller plus loin. Dans ce guide :
- des itinéraires en train à travers l’Europe, du week-end à la grande traversée
- trains de nuit et lignes régionales pour prolonger le voyage
- les outils concrets pour organiser un trajet sans avion
Partir plus loin
La montagne n’est qu’une des directions possibles depuis la gare du Midi. Pour les escapades plus courtes, j’ai rassemblé dix destinations à moins de cinq heures de train. Pour les départs du soir, tout est réuni dans mon guide du train de nuit depuis Bruxelles. Et pour ceux qui veulent finir le voyage à pied, quelques conseils pour organiser un voyage à pied.